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Le voyage du COPEF sur la LGV-Atlantique,
en automne 1989

Cette page est publiée à l'occasion du 10ème anniversaire de l'ouverture de la ligne à grande-vitesse Atlantique.

Vu que ça fait presque 20 ans déjà, ma mémoire s'est un peu émoussée, et j'apprécierai qu'on m'aide à identifier plusieurs de ces photos... Donc, lisez attentivement ce que je raconte, et si je déconne trop, hein, faut m'avertir!!!!

Donc, par un beau matin d'automne parisien, je me pointe en compagnie de plusieurs potes, Christian et Gérard, pour ne pas les nommer, à la Gare Montparnasse, alors en plein chantier.

On est vite aiguillé sur la voie 50495 (on se doute que le chantier a gentiment chambourlé les habitudes de la gare) oû gît une toute petite rame de 5 DEV inox à compartiments tirée par la BB22351, équipée de la signalisation en cabine pour circuler sur la LGV-A, ouverte au service régulier dans les jours précédents.

Enfin, je dis "petite rame", c'est que comparée aux deux TGVs sur la voie d'à côté, elle fait un petit brin rikiki, notre rame DEV. Mais, quand-même, l'inox, ça a une toute autre gueule qu'une caisse recouverte de mastic et de peinture, fût-elle grise (ou orange)...

(Cliquez sur les photos pour les agrandir).    

Je prends le temps de marcher au devant de la rame, histoire de la croquer, sans le moindre regard des voyageurs chargés comme des mulets qui s'engouffrent dans la rame TGV sur la voie d'à côté.

Tiens, les deux rames TGV ne sont pas en U.M. Peut-être qu'elles vont vers des destinations différentes... (Je saurai plus tard qu'elle allaient touts les deux vers Brest, mais que des problèmes techniques empêchaient de les coupler en unité multiples).


Le chantier est impressionnant. Les voies du centre sont complètement déposées, et, à leur place, un fouillis de coffrages, grues et de matériaux s'élève timidement entre les édifices riverains.    

Vers le sud, les nouveaux supports de caténaire prennent tranquillement place; la gare Montparnasse sera bientôt (encore) entièrement refaite...

Il est loin, le temps où Adèle Blanc-Sec y a presque morflé une Crampton en pleine poire...


L'heure du départ est arrivée. Je retourne vers notre rame DEV; monté à bord, et confortablement installé dans le couloir, c'est à dire la fenêtre baissée et le nez au vent, je jouis du départ, tout en piquant un brin de jasette avec mes copains.


Nous passons la gare de Ouest-Ceinture, puis longeons Malakoff, où des rames MF-77 se prélassent en attendant le lundi matin. Au fond, on dirait qu'une voiture de grande-lignes (une OCEM à rivets d'avant-guerre), encore peinte en "vert wagon" attend on ne sait quelle mission...


Nous avons tôt fait d'arriver à notre vitesse de croisière de 160 km/h. La douceur du roulement sur la voie quasi-parfaite de la LGV laisse un doute sur la magnitude de notre vitesse, doute aussitôt dissipé dès qu'on se met le nez au vent.

Puis nous engageons sur la LGV Atlantique, où alternent rapidement tunnels...    

...Et tranchées...

Nirvàna! Chez-nous, la seule possibilité de se mettre le nez au vent, c'est dans les vestibules, où il est rigoureusement interdit de stationner, et encore moins permis d'ouvrir la moitié supérieure de la porte... À moins d'être (très) copain avec l'équipage... Ou de louer le train au complet.

Ainsi-donc, j'en suis venu au cours des années à considérer comme enviable le sort des passagers restés debout dans le couloir, à contempler le paysage, la vitre baissée, la bienséance me dictant qu'un tel comportement ne serait pas séant dans un compartiment (tiens, je fais des vers, à c't'heure)...

Nous passons ensuite à Massy sans nous y arrêter, les quais n'étant pas encore aménagés.


Nous passons ensuite les grands tunnels de Villebon et Villejust, longeons l'autoroute A-10 jusqu'à Ponthévrard, où nous arrivons finalement en rase-campagne, où nous rejoignons la ligne de Châteaudun, que nous longeons pour un bon moment, jusqu'à Villancen.


Pas l'ombre de la moindre circulation. Je serais plus heureux quelques jours plus tard, en TGV: j'apercevrais très brièvement un autorail seul...


J'en profite pour examiner les lieux. La voie est superbe; mais pas question d'aller y voir de plus près, car à chaque bout du quai, un zigoto se met à siffer et gesticuler dès qu'un pékin fait mine d'aller y voir...


Après une bonne heure de route, nous stoppons en rase-campagne, puis nous nous engageons sur une voie d'évitement, munie d'un quai en gravier. On nous annonce que c'est notre arrêt-buffet champêtre, et qu'on nous remettra sous peu nos plateaux-repas.

   

On nous annonce que deux rames vont passer en provenance de Paris. On se met tous en position, et la première passe à toute vitesse. Zoum! À 300 km/h! J'étais déjà allé à Lieusaint, quelques années auparavant pour voir passer les TGVs rapidement, mais là, ils ne roulent qu'à 200 km/h environ... Là, j'ai vraiment vu passer un train à 300 km/h.


Pour la seconde rame, je change de point de vue. J'ai le temps de marcher au delà de notre rame, et, abrité du siffleur par le derrière de la rame, je mets franchement pied sur la voie pour croquer la deuxième rame.

    ZOUMMMM!!!

D'un horizon à l'autre, il ne se passe pas 20 secondes. Même que je me demande si vraiment un train vient d'y passer... Le balancement de la caténaire me rassure que je n'ai pas eu la berlue...


Je m'installe ensuite sur le talus pour engouffrer mon plateau-repas, avec mes potes. Puis, peu-après, nous repartons.

Nous arrivons à la bifurcation de Courtalain, d'où part la branche vers Tours, ou aura lieu bientôt le record du monde de 515,3 km/h. Mais pour l'instant, ce n'est qu'un chantier.


Puis nous arrivons à Connéré, où nous rejoignons l'ancienne ligne de l'État, pour arriver au Mans, où nous faisons le tour de la boucle.


Surprise! Au fond d'un triage, une apparition: un des ancêtres en bonne et due forme du TGV, le TGS (Turbine à gaz spéciale), se la coule douce, en attendant la casse...



Dans le dépôt, on aperçoit une variété intéressante de matériel roulant.

Puis nous nous arrêtons, pour je ne ne sais quelle raison, dans un triage, au débouché d'une rampe. Le spectacle doit en valoir la peine, car un pékin se donne la peine de grimper sur un signal...

Nous continuons notre périble sur la boucle, puis reprenons la grande ligne, de retour vers Paris.


Après avoir roulé jusqu'à Courtalain, nous y arrêtons carrément, comme ça. Comme si notre BB aurait planté un chou... Et au tour de ces messieurs de s'extirper de la rame, et de s'égailler partout dans la nature.


Enlignés derrière notre rame, un groupe semble s'extasier sur la géométrie de la ligne.














De gauche à droite: Patrick (mécano à la banlieue Paris sud-est), Lionel (alors aiguilleur à Paris-Lyon, maintenant mécano à Chambéry), Gérard (élu municipal de la banlieue nord-est de Paris), Christian (cadre à la SNCF) et l'auteur de ces lignes, 10 ans plus jeune.

Les taches rouges sur le nez de la motrice TGV-Atlantique sont des piafs qui ne se sont pas barrés à temps...


Quelques jours plus tard, j'essayai le TGV-Atlantique pour aller visiter ma tante à Rennes. Le retour fut retardé de deux heures, en raison d'un feu de brousse sur la ligne entre Laval et le Mans...

Un grand merci à M. Didier Girard pour m'avoir aimablement signalé quelques erreurs, dûment corrigées.

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