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de Marc Dufour

Rail et
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Campagne d'essais

Visite commentée

Mise en service

 

Note :
Les photos n'ont pas étéprises en 2000, mais plutôt en 2003, alors que quelques rames Nightstar sont entrées en service sur Montréal_Ottawa.

Visite commentée

Survient alors le chef des essais, qui me lance un joyeu "bonjour"; il semble heureux de voir une nouvelle tête. Nous engageons la conversation.

Ils font leurs essais entre Alexandria (je pencherais plutôt pour Glen Robertson, car il y a là un triangle de virage) et Smith Falls; la ligne entre ces deux gares (hormis la zone autour de la gare d'Ottawa) appartient en effet à VIA Rail.

Leur campagne d'essai vise à déterminer la stabilité de roulement à diverses vitesses, ainsi que le comportement en freinage.

Répondant positivement à ma demande de voir l'intérieur, je parviens tant bien que mal à grimper à bord, la voiture n'étant pas munie des marchepieds coutumiers, mais les trous de crochets de relevage font très bien l'affaire...

La voiture-lits

L'intérieur est bien éclairé, fini de blanc. L'interciculation est obturée par deux demi-portes coulissantes en verre. Comme c'est une voiture-lits, le couloir très étroit débouche directement sur le côté droit.

Deux chambres sont déverouillées. Le chef des essais m'en montre une: spacieuse, elle offre deux lits (perpendiculaires à la voie) et, en face, un cabinet de toilette avec douche. Elles sont au moins aussi spacieuses que les chambres de chez-nous. Mais la toilette est vraiment bien: évier, miroir, sanitaire et surtout, surtout, douche. Toute la salle de bain sert de cabine de douche, comme sur un bateau de plaisance. La fenêtre est généreuse. Mais on ne peut pas mettre deux chambres en communication pour en faire une plus grande.

La finition est luxueuse, genre yacht de luxe. Compte tenu du gabarit britannique, c'est assez inespéré comme arrangement. Mais il ne doit pas y avoir plus de 10 chambres par voiture, ce qui est désavantageux par rapport aux voitures "classiques" qui peuvent accueuillir jusqu'à 24 dormeurs (ou 44 pour les Superliners à deux niveaux).

La voiture de service

Nous passons à la voiture suivante, fort curieuse: le vestibule débouche sur une chambre pour handicappé. Deux lits superposés, parallèles à la voie, font face à une grande fenêtre. Au fond, une salle de bains qui semble aussi grande que la chambre... Dans tous les cas, le lit du bas, relevé, est une banquette qui semble confortable.

On voit qu'on est dans du matériel neuf: les planchers et les coussins sont recouverts d'une pellicule de polyéthylène transparent... Seule l'absence d'odeur de voiture neuve trahit l'âge des voitures: 5 ans. Mais autrement, elles sont totalement vierges...

Toujours à droite, le couloir s'élance et passe à côté d'un compartiment qui semble être un bureau pour le chef de train, un compartiment bagages, avec une porte correspondante sur le flanc droit de la voiture, puis un autre compartiment bureau fermé. Suit un élégant salon muni de banquettes et de sièges en velours rouge, du plus bel effet, des dossiers desquels émergent curieusement une sorte de poignée en bronze, ressemblant à une corne de girafe. Probablement une tradition britannique... La forme des sièges fait rétro, un peu genre siège d'auto des années 30. Mais la ligne pure du plafond, qui suit exatement la ligne du toit, nous détrompe: nous sommes dans du matériel moderne.

Mais le plus surprenant est que chaque table est illuminée par une minuscule lampe très élégante, qui est une reproduction miniature d'une classique lampe de voiture-lits en usage chez-nous: imaginez un hémisphère en verre dépoli, d'où émergent dans l'axe longitudinal deux demi-cylindres de demi-diamètre, terminés par un demi-hémisphère. Vraiment très chic et élégant.

Note: Oui, en 2003, les fours à micro-ondes ont toujours le logo British Rail!

Au bout de la voiture, un important comptoir pour emporter et très bien instrumenté: caisse enregistreuse, beaucoup d'éviers de compartiments pour la glace ainsi que beaucoup de frigos. Deux choses surprennent: les deux fenêtres généreuses, ainsi que le four micro-onde muni d'une affiche "Menumaster" avec en dessous, le bon vieux logo de British Rail!!!!

Le local culinaire (faute de meilleur terme) comporte, en fait, deux comptoirs, l'autre donnant sur l'intercirculation.

Au moment où je contemple tout ça, les trois personnes qui effectuent les essais sont fort occupées à calibrer leurs instruments de mesure, basés sur ordinateur PC, avec un logiciel bien connu d'acquisition de données... Le chef des essais m'invite à aller visiter la troisième voiture, ce que je fais immédiatement...

Là, l'univers bascule carrément.

 

La voiture à couloir central

C'est une voiture à couloir central décentré (2 sièges + 1). Rien d'étonnant. Au dessus de chaque siège, se trouve un curieux bloc tranversal pendant du plafond qui semble être un filet à bagages. Mais quand je m'avance, je remarque que les sièges sont étonnamment hauts par rapport au plancher. C'est que chaque siège est au dessus d'un espace incliné pour mettre les bagages, qui descend jusqu'au dessous des pieds du banc derrière. Vraiment curieux.

Environs les deux tiers des sièges donnent vers l'avant, tandis que reste donne vers l'arrière.

Avec les blocs au dessus de chaque siège, cela fait étriqué. Mais chaque siège est généreux, et on y est à l'aise. Les claustrophobes n'apprécieront cependant pas. Et chaque siège est muni d'un store individuel, ce qui a l'inconvénient de couper chaque fenêtre en deux, à la manière des anciennes voitures du Santa-Fé.

Je retourne à la voiture-bar, et après avoir conversé sur les paramètres mesurés au cours des essais (débattement X-Y-Z des diverses suspensions), je prend congé de la très sympathique équipe d'essais, qui a eu la gentillesse de bien me laisser visiter la rame.

On m'a confié que le roulement ne laisse rien à désirer, et que les voitures ne sont pas pendulaires (mais ça, je m'en doutais)... La campagne d'essai est progressive; on fait une marche d'une dizaine de kilomètres environ, départ arrêté, et on freine. On va comme ça au bout de la ligne, on vire la rame, et on repart dans l'autre sens, en élevant tranquillement la vitesse. Aujourd'hui, on a frisé le 120 km/h... La machine, elle, peut aller jusqu'à 170, mais la ligne permet, tout au plus, du 150 km/h. Mais peut-être qu'on peut rogner un peu, ça et là...

Bref, c'est bien beau, tout ça, le matériel est disponible à un prix fort attrayant.

Cependant, je crains fort que le matériel soit très mal adapté au climat, et surtout, pour qu'une grande quantité de voitures circulent chez-nous, il va falloir obligatoirement changer la loi des chemins de fer pour leur permettre de circuler, car elles n'ont pas la solidité exigée.

Pour le moment, on peut se contenter d'une permission spéciale...

Et si cela est fait, il faudra instituer des dispositifs de ségrégation positive, afin d'être absolument, totalement, entièrement sûrs qu'un train de marchandises n'ira pas rentrer dans une de ces rames...

2 ans plus tard...

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