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Un Colombey flottant

Le croiseur Le Colbert Remontons à quelques jours plus tôt, en Atlantique nord. Ballotté sur un navire de guerre, le croiseur Colbert, le Président de la République Française, Charles de Gaulle, fait le chemin que d'innombrables colons ont fait, jusqu'il y à deux siècles et aux descendants desquels il va rendre visite.

Mais pourquoi donc le chef d'un état aussi important que la France sacrifie ainsi une semaine de son précieux temps à effectuer une traversée qui est maintenant faite d'un coup d'aile grâce aux longs-courriers qui sillonnent le ciel?

C'est que, quelques années plus tôt, le Général avait été invité par le gouvernement du Québec à visiter l'exposition universelle de Montréal. D'abord ayant rejeté l'idée du revers de la main, le Général l'a faite sienne...

Mais le protocole veut qu'un chef d'état arrive par la capitale. Or, au Canada, la capitale c'est Ottawa, choix effectué par la reine Victoria elle-même, bien qu'elle n'avait jamais mis les pieds au Canada (seul, le Prince de Galles avait effectué la grande traversée, quelques années auparavant, pour venir inaugurer le Pont Victoria, alors qualifié de huitième merveille du monde).

Mais arriver par Ottawa, ce serait passer par dessus le Québec qui lui, avait invité le Général.

Restait donc la voie des mers.

On pensait originalement prendre l'avion vers Saint-Pierre et Miquelon, où le Général aurait alors embarqué pour Québec. Mais comme aucun appareil pouvant y atterir ne pouvait voler d'une traite de Paris, cela contraignait le Président à être accueuilli à l'escale obligatoire de Gander, à Terre-Neuve...

Cela ne pouvait aller. C'est donc pour ça que le Général s'est embarqué dans son « Colombey flottant » et a affronté, cinq jours durant, l'Atlantique nord. Le vaisseau, fort balloté, arriva à Saint-Pierre et Miquelon un peu froissé par sa traversée au cours de laquelle Tante Yvonne a fort étonné l'équipage par son pied marin...

Saint-Pierre et Miquelon, où, quelque 25 ans plus tôt, il avait, contre l'avis des Anglo-Saxons, effectué sa première opération de rapatriement au sein de la France Libre. Le vieux Général foulait enfin le sol d'une de ses premières victoires...

Reparti, et remontant le Golfe du Saint-Laurent, le Colbert et son illustre passager est rencontré par un vaisseau de la Royal Canadian Navy, lequel dépêche à bord un officier à titre de pilote. On admirera le doigté et le tact que les autorités canadiennes ont démontré en choisissant pour remplir cet office un officier ne connaissant pas un traître mot de français...

Malgré cela, le Général se fit un malin plaisir à le convier à sa table durant tout le reste du voyage...

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