Page principale

Autres trucs divers
Vive le Québec Libre! Écrivez-moi Statistiques
d'accès

Un coup de tête?

Coup de tête? Acte prémédité? Depuis ce 24 juillet 1967, plus rien ne sera pareil au Québec. Un mouvement alors marginalisé, et toujours réprimé par la désinformation, la violence puis finalement par un boycott économique que seuls des mauvais perdants au plus haut degré peuvent concevoir, vient tout juste de recevoir un aval de taille.

Celui du plus illustre des français.

Charles de Gaulle, né en 1890, est sûrement le plus grand homme d'état français du vingtième siècle. Bien qu'ayant tôt embrassé la carrière militaire, il s'est avéré être un écrivain de talent, un historien hors-pair dont l'analyse s'est souvent révélée quasiment presciente, et un des rares hommes politiques qui a su élever la probité à des niveaux stratosphériques.

Pour Charles de Gaulle, seule la France méritait son attention soutenue. Que ne l'a t'il pas cajolée, tant aimée, défendue d'abord contre les assauts teutons, puis ensuite contre les tentatives de mainmise anglo-saxonne? Et trop souvent malgré elle? Seule une passion hors du commun a pu permettre tant à un seul homme, trop souvent seul'

Mais comment une simple « visite à une foire-exposition » a t'elle pu susciter tant de remous?

Et c'est qu'on aurait pu croire un moment qu'elle n'aurait jamais eu lieu... Pressé par l'ambassadeur canadien d'adresser ses voeux pour le centième anniversaire de la confédération, le Général addressa la note manuscrite suivante à ses subordonnés:

– Il n'est pas question que j'addresse un message au Canada pour célébrer son "centenaire". Nous pouvons avoir de bonnes relations avec le Canada. Nous devons en avoir d'excellentes avec le Canada français. Mais nous n'avons pas à féliciter ni les canadiens ni nous-mêmes de la création d'un "état" fondé sur notre défaite d'autrefois et surtout l'intégration d'une partie du peuple français dans un ensemble britannique. Au demeurant, cet ensemble est devenu bien précaire.

Le premier ministre William L. Mackenzie-King accueuille le Général à Ottawa C'était clair et sans équivoque. Le Canada, du fait de son ambiguîté inhérente, ne méritait pas les égards auquel un autre pays put prétendre, d'autant plus ce ce "pays" a été édifié sur le dos des colons lâchement abandonnés par la monarchie française.

Le Général n'était pas peu au fait de la réalité canadienne. Sa première venue date de 1944, alors que l'avance alliée contre les puissances de l'Axe leur garantissait pratiquement la victoire.


Le premier ministre William L. Mackenzie-King
accueuille le Général à Ottawa

– Lors de mes précédent passages, en 1944 et en 1945, l'appareil de guerre couvrant tout, [je n'avais] pu qu'entrevoir les réalités profondes qui font de la fédération canadienne un État permétuellement mal à son aise, ambigù et artificiel. Mon ami, le général Vanier, nous reçoit en sa qualité de gouverneur-général. Sa personne est, au plus haut degré, respectable et respectée. Il exerce sa fonction avec la plus grande dignité et le plus complet loyalisme. Il déploie des trésors de bonne grâce pour que tout nous semble normal et bien en place. Mais, quoi qu'il puisse faire, les contradiction inhérentes à la fédération ne manques pas d'apparaître.

Lui-même, d'ailleurs, n'y échappe pas. Il fait fonction de Chef de l'État, alors qu'il est nommé par la reine d'Angleterre et que, pourtant, le territoire se veut exempt de toute dépendance. Il est, ainsi que sa femme, entièrement français de souche, d'esprit, de goût, bien que sa race ne se soit maintenue qu'en luttant sans rela¸ache contre toutes les formes d'oppression ou de séduction déployées par les conquérants pour la réduire et la dissoudre.

Charles de Gaulle,

relatant sa visite au Canada en avril 1960,
in Mémoires d'espoir, p.251

Puis, un peu plus loin:

[...] – Montréal fait la même impression que Québec, accentuée toutefois par le caractère massif et populeux de l'agglomération, par l'angoisse diffuse que répand l'emprise grandissante des anglo-saxons possesseurs et directeurs des usines, des banques, des magasins, des bureaux, par la subordination économique, sociale, linguistique, qui en résulte pour les français, par l'action de l'administration fédérale qui anglicise d'office tous les immigrants.

Charles de Gaulle,

relatant sa visite au Canada en avril 1960,
in Mémoires d'espoir, p.254

Daniel Johnson rencontre De Gaulle, à l'Élysée L'invitation d'Ottawa allait croupir de longs mois dans les tiroirs du Quai d'Orsay, ne suscitant pas l'enthousiasme du plus illustre des français.

Mais la venue du premier ministre Daniel Johnson, et sa rencontre avec le Général, à l'Élysée allait changer les choses. Le Québec invitait officiellement le président de la République Française à lui rendre visite à l'occasion de l'exposition universelle de 1967.


Daniel Johnson, à Paris, rencontrant le Général à l'Élysée.

– Mon général, mon peuple vous accueuillera...

***

Page suivante: De Gaulle parmi nous.